EMPLOI, POUVOIR D’ACHAT, CROISSANCE: TOUT EST DANS LE ROUGE

Stop

EMPLOI, POUVOIR D’ACHAT, CROISSANCE: TOUT EST DANS LE ROUGE

Nouveau rebond du chômage en février et une forte augmentation des inscriptions liées à un licenciement économique, que pourrait accélérer le projet de loi dit de sécurisation de l’emploi.
 
En un mois, 18.400 chômeurs de plus ont grossi les chiffres publiés par la DARES le 26 mars. Avec 3.187.700 inscrits en métropole (+0,6% en un mois, +10,8% sur un an), Pôle emploi enregistre en février, pour le 22e mois consécutif, un nouveau rebond du nombre de demandeurs d’emploi sans activité. Parmi eux, ceux de longue durée –plus d’un an– n’ont jamais été aussi nombreux: plus de deux millions, soit 40% des inscrits. Avec les personnes ayant une activité réduite, la France compte 4,7 millions de demandeurs d’emploi et 4,9 millions avec l’outre-mer.

«Sur les soixante derniers mois, cinquante-deux avec une augmentation du chômage», a indiqué le chef de l’État sur France 2. Cette hausse rend difficile l’accompagnement des demandeurs d’emploi, les plus précaires notamment.

Pas de reprise en vue

L’annonce par le gouvernement de la création de 2.000 postes en CDI à Pôle emploi d’ici à septembre apportera «une bouffée d’oxygène pour les agents, pour un meilleur service aux demandeurs d’emploi», se félicite FO. Toutefois, prévient la Confédération, elle «sera sans effet (sur le nombre de chômeurs) si elle n’est pas accompagnée d’un changement de politique macro-économique tournée vers la consommation et l’investissement», en France et en Europe.

Le 28 mars, l’intervention télévisée de François Hollande était très attendue, ne serait-ce que sur son objectif «d’inverser la courbe du chômage à la fin de l’année».

Le matin, Jean-Claude Mailly avait prévenu sur France Info: «Il va falloir donner des signes concrets sur le pouvoir d’achat, la stratégie industrielle et montrer que des décisions vont être prises pour redresser la situation.» Au lieu de cela, le chef de l’État a ressorti sa «boîte à outils», comme il appelle les mesures déjà prises par le gouvernement: emplois d’avenir et contrats de génération. «J’ai également décidé, a-t-il rappelé, de faire ce qu’on appelle le pacte de compétitivité», c’est-à-dire le CICE –crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi: 13 milliards d’euros offerts aux entreprises en 2013 et 20 milliards en 2014, sans oublier l’ANI du 11 janvier 2013 sur la sécurisation de l’emploi transmis au Parlement: «Tout l’accord, rien que l’accord.»

Forte déception pour le Secrétaire général de FO: «Avec le pacte budgétaire, on est toujours dans une politique d’austérité, a-t-il réagi dans les colonnes de Libération (29 mars). Le problème, c’est qu’on ne sortira de la spirale actuelle du chômage qu’avec de la croissance. Or on ne voit pas comment une reprise de la croissance pourrait venir avec la politique actuelle d’austérité.» Après une croissance quasi nulle sur l’ensemble de l’année 2012, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) prévoit 0% au premier trimestre de 2013. Si le Produit intérieur brut devait marquer un nouveau repli, la France serait techniquement en récession. Comment y échapper quand on ajoute à cela l’autre estimation de l’INSEE: une baisse du pouvoir d’achat de 0,8% au quatrième trimestre 2012, et de 0,4% sur l’année. Pour la première fois depuis près de trente ans.
 
FO Hebdo - A vril 2013
 
 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster