FO: «LA SÉCURITÉ SOCIALE VAUT BIEN UNE GRÈVE»

18 mars 2014

FO: «LA SÉCURITÉ SOCIALE VAUT BIEN UNE GRÈVE»

 

Une date qui est retenue depuis la mi-janvier par les cinq fédérations syndicales des organismes sociaux, qui appellent aussi à manifester à Matignon.
 
La volonté dogmatique de réduire les dépenses publiques menace la Sécurité sociale, constatent les cinq fédérations syndicales des organismes sociaux* et qui ont donc décidé, le 13 janvier, d’appeler les personnels «à être en grève et à manifester à Paris jusqu’à Matignon», le 18 mars.

Devant 6.000 militants présents au meeting organisé à Paris par FO, le 29 janvier, pour «combattre l’austérité, une urgence sociale et démocratique», et au nom des instances de la Confédération, Jean-Claude Mailly a proposé d’élargir cette mobilisation et de faire du 18 mars «une journée de rassemblements et de manifestations». Le Secrétaire général s’est adressé aux autres organisations pour que ce 18 mars soit aussi «une journée de grève interprofessionnelle».

L’austérité menace personnels et usagers

Les annonces du chef de l’État lors de sa conférence de presse du 14 janvier ont choqué la section fédérale FO des Employés et Cadres des organismes sociaux, qui voit dans la suppression de la cotisation familiale «d’ici à 2017», et son remplacement par l’impôt «une attaque sans précédent depuis 1945 contre les fondements mêmes» de la Sécurité sociale. Elle dénonce également un nouveau cadeau au patronat, de 36 milliards d’euros, alors qu’il bénéficie déjà de 25 milliards d’euros d’exonérations de cotisations. Pierre Gattaz, président du MEDEF, applaudit et en redemande: «La maladie, c’est aussi un poste qui pourrait être revu. Il faut y aller!»

Le président de la République a également annoncé la réduction des dépenses publiques: 18 milliards d’euros en 2015, la même chose en 2016 et 17 milliards d’euros en 2017. La Sécurité sociale est directement concernée. Déjà, pour 2014, avec une dépense publique réduite de 15 milliards d’euros, elle se retrouve avec 6 milliards en moins et ses coûts de gestion devront diminuer de 500 millions d’euros. Or la masse salariale du personnel de la Sécurité sociale représente plus de 80% de ses coûts de gestion. Le directeur de l’UCANSS a déjà annoncé qu’il n’y aura aucune mesure collective de salaires pour 2014. Quant aux directeurs des caisses primaires d’assurance-maladie, ils ont l’ordre de n’embaucher aucun salarié, même en CDD. FO se félicite donc que «toutes les organisations syndicales des personnels de la Sécurité sociale appellent à faire grève et à manifester à Matignon le 18 mars». Principales revendications: augmentation de la valeur du point, arrêt des suppressions d’emplois, embauche de personnels en CDI conventionnels pour assurer les missions.

La décision de s’appuyer sur le 18 mars pour lancer une mobilisation interprofessionnelle est à la fois un appui à la grève pour la Sécurité sociale et aussi une manière, pour FO, de prendre le contre-pied de l’appel à «l’unité nationale» de François Hollande, pour lui opposer «le mouvement collectif, l’action par la grève, les manifestations».

Marie-Laure Schisselé

* CAF, URSSAF, CPAM, CARSAT, Contrôle médical, UGECAM, Centres informatiques, ARS.
 
FO Hebdo - Février 2013

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