FRANÇOIS HOLLANDE PRÉSENTE LES GRANDS AXES DE SA REFONDATION DE L’ÉCOLE

Éducation nationale


FRANÇOIS HOLLANDE PRÉSENTE LES GRANDS AXES DE SA REFONDATION DE L’ÉCOLE


La loi d’orientation et de programmation devrait être présentée en Conseil des ministres à la mi-décembre, puis débattue au Parlement en janvier.

Pour le chef de l’État, refonder l’école se situe «au centre du redressement de la France». C’est François Hollande en personne qui, le 9 octobre à la Sorbonne, a présenté la politique du gouvernement en matière d’Éducation nationale. Le rapport sur la refondation de l’école venait de lui être officiellement remis, au terme d’une concertation lancée en juillet par le ministre Vincent Peillon. «Un projet éducatif est, par définition, un projet de société, c’est dans cet esprit que j’ai annoncé non pas une réforme, mais une refondation», a précisé François Hollande. Malgré l’ambition du propos, les enseignants FO sont sortis inquiets de la Sorbonne. Hubert Raguin, Secrétaire général de la FNEC FP FO, explique: «Nous avons l’impression que le président de la République veut non seulement maintenir les contre-réformes de ses prédécesseurs, mais encore les aggraver en les adossant à l’acte 3 de la décentralisation. Ce serait la territorialisation de l’école et, pour commencer, l’abandon de la carte de la formation professionnelle aux Régions.»

Ainsi, pour les rythmes scolaires dans le premier degré, M. Hollande s’est dit favorable au retour à une semaine de quatre jours et demi à l’école, «dès la rentrée 2013», sans préciser le jour de la nouvelle demi-journée, mercredi ou samedi. Le choix serait-il laissé au «projet éducatif local», un contrat d’objectifs associant les établissements, les recteurs et les collectivités? «Par milliers, souligne Norbert Trichard, du SNUDI FO, les instits signent la pétition contre l’augmentation du temps de présence des enseignants et la confusion entre le scolaire et le périscolaire.»

«Projet éducatif local»: FO dit non

M. Peillon dit ne pas vouloir «réparer l’école, mais la changer». Comment faire autrement? Après les coupes claires des années précédentes (80.000 suppressions de postes de 2007 à 2012), l’augmentation de 0,6% du budget de son ministère le contraint lui aussi à la rigueur. Conséquence: «Aucune des réformes les plus contestées n’est remise en cause, au contraire, celle du lycée est intégralement maintenue, elle a même fait son entrée en terminale cette année», constate Jacques Paris, du Syndicat national FO des Lycées et Collèges. L’accompagnement personnalisé provoque tout particulièrement la colère des profs. «Loin d’être la mesure innovante pour une meilleure réussite des élèves, c’est le foutoir.» Si au lycée l’enseignement disciplinaire existe encore, il n’est plus possible pendant les heures consacrées à l’accompagnement personnalisé où la transmission de connaissances est remplacée par l’acquisition de compétences.

Or l’un des axes du rapport sur la refondation, comme l’a souligné Hubert Raguin le 11 octobre, devant le Conseil supérieur de l’Éducation (lire Trois questions à... Hubert Raguin, Secrétaire général de la Fédération FO de l’Enseignement), repose sur «la confirmation de l’école du socle, école du socle de compétences, déjà formulé dans la loi d’orientation de 2005 de M. Fillon».

Le président de la République s’est inquiété du sort des «décrocheurs», ces 140.000 jeunes qui sortent chaque année du système scolaire sans formation ni diplôme. Il s’apprête pourtant à réduire le nombre de redoublements. Il n’a pas le choix: entre les enseignants en moins et les élèves en plus, il n’y a plus de places dans les classes.

FO Hebdo - Octobre 2012

FO

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Projet de loi d’orientation communiqué du 17 octobre 2012
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Trois questions à... Hubert Raguin, Secrétaire général de la Fédération FO de l’Enseignement (FNEC FP)

 

FO hebdo: Le 11 octobre au CSE, tu as mis le ministre en garde contre une reprise des préconisations du rapport sur la refondation de l’école dans son projet de loi d’orientation; quelles sont tes craintes?
Hubert Raguin: Le rapport du comité de pilotage sur la refondation, s’il était mis en œuvre, confirmerait l’essentiel des contre-réformes des gouvernements précédents, en particulier la réforme du lycée, la masterisation de la formation et du recrutement des enseignants, la mise en place de l’école du socle et des compétences, réformes qui ont toutes déstabilisé l’institution scolaire et remis en cause les conditions de travail, les garanties des personnels. Cette confirmation, combinée aux mesures liées à la décentralisation, risque d’aggraver la situation, le fonctionnement de l’Éducation nationale comme les conditions d’enseignement.

FO Hebdo: La FNEC et ses syndicats ont participé à la concertation lancée par Vincent Peillon pour refonder l’école; comment cela s’est-il passé?
H.R.: Les débats ont été très courtois, mais fort confus. Les «pilotes» de la concertation se sont appliqués à démontrer que des consensus se dégageaient. Ils allaient un peu vite en besogne. En réalité, les participants à la consultation ne représentaient souvent qu’eux-mêmes, tandis que ceux qui parlaient au nom d’organisations ont défendu leur mandat. C’est bien normal et, sur cette base, il n’y a eu aucun consensus. Dans tous les groupes de travail, la FNEC et ses syndicats ont défendu les revendications, en particulier la défense des statuts nationaux de fonctionnaire d’État, sans lesquels il n’y aurait plus d’école publique républicaine.

FO Hebdo: Le ministre a annoncé des négociations avec les organisations syndicales dès la semaine prochaine; qu’en attends-tu?
H.R.: J’en attends qu’il écoute les représentants des personnels et qu’il abandonne la plus grande partie des préconisations de la consultation. S’il veut rassurer les personnels, il doit leur donner des garanties sur leurs statuts, leurs missions, le respect de leurs qualifications, leur temps de travail et leurs congés.

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