Grève en perspective

Grève en perspective

JEAN-CLAUDE MAILLY DÉNONCE L’AUSTÉRITÉ ET APPELLE À L’ACTION POUR LE 18 MARS


Salaires, emploi, service public... les raisons de se mobiliser ne manquent pas.
 

Jean-Claude Mailly a rappelé qu’un an plus tôt, la Confédération tenait, dans la même halle Freyssinet, un meeting de solidarité contre l’austérité européenne avec des syndica-listes belges, espagnols et grecs. Malheureusement, ces douze derniers mois la politique menée a aggravé les effets délétères pour l’emploi, la croissance, les salaires, le creusement des inégalités et la remise en cause du service public républicain. Ainsi, des dizaines d’années de progrès et d’acquis sociaux se sont évaporés, notamment pour les peuples grecs, portugais ou espagnols.

FAIRE DE CE 18 MARS UNE JOURNÉE DE GRÈVE INTERPROFESSIONNELLE

La Troïka comme les marchés financiers exigent toujours davantage de dérégulations, de réformes structurelles, de baisses des salaires. Ce sont donc les travailleurs qui, à nouveau, sont contraints de renflouer le capital. Dénonçant cette logique d’abaissement, intolérable et suicidaire, Jean-Claude Mailly a rappelé qu’en France, elle prend dorénavant la forme du «socialisme de l’offre», et que cette logique porte un nom: le dumping social.

La Confédération rappelait, il y a un an, que «l’austérité était triplement suicidaire: socialement, économiquement et démocratiquement». Aujourd’hui, sur le plan économique, la croissance est faible voire quasi nulle. Sur le plan social, les salariés attendent toujours le changement promis, et sur le plan démocratique, les mouvements politiques de rejet de l’autre prennent racine. C’est le résultat concret de la logique néolibérale de la construction européenne.

Pour lutter contre cette logique, une manifestation ou une interpellation n’y suffiront pas. C’est pourquoi le mot d’ordre de la journée du 29 janvier était «combattre l’austérité, une urgence sociale et démocratique».

Pour FO, le combat contre l’austérité doit être mené à tous les niveaux. Au niveau européen tout d’abord; comme d’autres organisations syndicales de toute l’Europe, la CES s’est prononcée contre le pacte budgétaire européen et milite pour une politique européenne ambitieuse de relance. Ainsi, «l’Europe ne doit plus être facteur de contraintes ou de sanctions, mais de progrès social», a rappelé le Secrétaire général. La directive détachement en est une illustration: la révision de cette directive est insuffisante car ce qui prime encore dans cette directive, c’est la liberté de prestation de services et non les conditions sociales des travailleurs européens.

Le Secrétaire général a également rappelé les combats pour la reconnaissance du repos dominical, contre la réforme de l’inspection du travail, les enjeux des négociations sur l’assurance-chômage. Il a également dénoncé le pacte de responsabilité annoncé par le président de la République. Ce pacte, salué par la Commission européenne, est cohérent avec le pacte budgétaire européen, mais «en contradiction avec le pacte républicain». Dénonçant «l’axe Hollande-Gattaz», Jean-Claude Mailly s’est interrogé sur le «syndrome de Stockholm», dont semble souffrir le président de la République, naguère ennemi autoproclamé de la finance.

Le Secrétaire général a donc proposé, au nom de la Commission exécutive confédérale unanime, d’élargir la journée de grève prévue le 18 mars à la Sécurité sociale et d’en faire «une journée de rassemblements et de manifestations». Il s’est enfin adressé aux autres organisations pour leur proposer de «faire de ce 18 mars une journée de grève interprofessionnelle».

Mathieu Lapprand

FO Hebdo - Février 2014

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