LA CONSOMMATION DES MÉNAGES EN BERNE EN 2012

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LA CONSOMMATION DES MÉNAGES EN BERNE EN 2012

fo-sante-chauny-02300-anim.gifC’est la deuxième fois en soixante ans, indique l’INSEE. Dans le même temps, le pouvoir d’achat a connu une baisse historique.
 
Après l’officialisation d’une France en récession depuis la fin de l’année 2012, l’INSEE a annoncé une baisse de la consommation des ménages plus sévère que prévue en 2012: –0,4%, selon des statistiques publiées le 11 juin. C’est la deuxième fois que cela arrive en soixante ans, souligne l’Institut national de la statistique et des études économiques, la première remontant à 1993.

Or le pouvoir d’achat des ménages a lui aussi connu une baisse qualifiée de «record»: -0,9% en 2012, alors qu’il avait augmenté de 0,7% l’année précédente. Comme les prix, eux, ont progressé à un rythme proche de celui de 2011 (+1,9% après +2,1%), l’INSEE note aussi que «la consommation des ménages augmente en valeur plus vite que le revenu disponible brut (+1,4% contre +0,9%)», entraînant une diminution de leur taux d’épargne.

Secrétaire général adjoint de l’AFOC, Vincent Blanchez témoigne d’«une perte de confiance des consommateurs, anxieux quant à l’avenir car ne voyant pas le bout de la crise». Par ailleurs, il rappelle que cette association de consommateurs, liée à FO, en plus de suivre les prix et le rapport qualité-prix, «veille aux conditions de fabrication des produits, pour qu’elles soient acceptables tant sur le plan social qu’environnemental».

L’ENGRENAGE

Devant cette double baisse historique de la consommation et du pouvoir d’achat, Pascal Pavageau, Secrétaire confédéral, analyse: «Le lien est là et que le gouvernement ait refusé la proposition de FO d’une table ronde sur les salaires pour sa conférence sociale des 20 et 21 juin est d’autant plus regrettable. Vu le contexte, ce thème apparaît tout aussi essentiel que l’emploi.» L’engrenage est en effet évident: la modération salariale entraîne une baisse du pouvoir d’achat, qui entraîne une baisse de la consommation, qui entraîne une baisse de la croissance, qui entraîne une baisse de l’activité, qui entraîne cette fois une hausse... du chômage.

Toujours en 2012 et selon l’INSEE, les salaires «ralentissaient» dans l’industrie (+0,1%) et «baissaient» dans la construction (-0,6%) et le tertiaire (-0,1%). Sans coup de pouce depuis plusieurs années, le SMIC est à 1.120 euros net par mois et c’est ce que gagnent 2 millions 500.000 salariés. Dans la fonction publique, le pouvoir d’achat de 5 millions 500.000 actifs a baissé de 10% à 12% depuis 2000. Par ailleurs, le point d’indice est gelé pour la quatrième année consécutive, ce qui se traduit aujourd’hui par une baisse de 7% du pouvoir d’achat des fonctionnaires retraités. Pascal Pavageau ironise: «Le gouvernement parle de limiter les rémunérations des hauts fonctionnaires et des patrons mais, outre qu’il ne le fait pas, faire baisser le plafond n’a jamais fait monter le plancher.» Un plancher très bas pour certains, ces 8 millions 600.000 personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec moins de 964 euros par mois.
 
FO Hebdo - Juin 2013
 
 

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