LA MOBILISATION DES PROFESSEURS DE PRÉPAS FAIT RECULER M. PEILLON

Sine die?

LA MOBILISATION DES PROFESSEURS DE PRÉPAS FAIT RECULER M. PEILLON

Pas moins de 80% des professeurs de classes préparatoires étaient en grève le 9 décembre, mouvement reconduit le lendemain dans des dizaines de lycées dans toutes les académies. Ils n’acceptaient pas que le ministre de l’Éducation nationale veuille baisser leurs salaires, conséquence d’un nouveau projet de réforme: la suppression des décrets du 25 mai 1950, qui fixent les obligations de service de tous les professeurs du second degré: lycées, collèges, zones d’éducation prioritaire (ZEP). Un «même combat» partout pour le Syndicat national FO des lycées et collèges (SNFOLC), qui proposait alors de préparer «la grève de toutes les catégories». Coup d’arrêt du gouvernement. Alors que, le 6 décembre, Vincent Peillon prévenait que les discussions étaient closes et qu’il «ne reculerait pas», le 12 il recevait les fédérations syndicales pour leur annoncer qu’il différait toute décision sur les statuts des enseignants, en particulier sur les décrets de 1950.

PREMIÈRE VICTOIRE POUR TOUT LE SECOND DEGRÉ

Du même coup, les décisions concernant les prépas sont suspendues. Pour la Fédération FO de l’Enseignement, «il s’agit d’une première prise en compte de la formidable mobilisation du 9 décembre et d’une première réponse».

Différer ne veut pas dire abandonner. Or le projet de M. Peillon était du jamais vu: prendre aux prépas pour donner à ceux qui enseignent en ZEP, déclenchant une campagne multimédia contre ces professeurs qui favoriseraient l’élitisme. Jacques Paris, du SNFOLC, rectifie dans nos colonnes: «Préparant aux grandes écoles, les classes préparatoires visent l’excellence, sans sélection par l’argent, et délivrent pendant deux ans un enseignement disciplinaire extrêment poussé aux élèves.» Il y a d’ailleurs dans ces classes, où l’on entre sans droits d’inscription, jusqu’à 30% à 40% de boursiers. Ces professeurs gagnent en moyenne 4.200 euros par mois, soit beaucoup moins qu’un cadre supérieur. À leurs côtés, le 9 décembre, de nombreux étudiants défilaient en proclamant: «Touche pas à ma prépa».
 
FO Hebdo - Décembre 2013

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