LA POSTE VEUT CONQUÉRIR L’AVENIR EN... MAÎTRISANT LES COÛTS

Stratégie

LA POSTE VEUT CONQUÉRIR L’AVENIR EN... MAÎTRISANT LES COÛTS

 


Confronté à une situation financière de plus en plus délicate du fait du désengagement de l’État, la direction postale en appelle à un pacte social avec les syndicats.
 
Le nouveau plan stratégique de La Poste pour les années à venir a été présenté le 28 janvier par son président, Philippe Wahl. Après avoir supprimé quatre-vingt-dix mille emplois en dix ans, la direction postale ambitionne aujourd’hui de «conquérir l’avenir».

. Quatre ans après que l’entreprise est devenue société anonyme, le nouveau plan stratégique appelle à une «transformation profonde du groupe», pour faire face à la baisse du volume du courrier (lettres), évaluée à six pour cent par an en moyenne, à une moindre fréquentation des bureaux de poste, à la concurrence dans le colis express et aux difficultés de la Banque postale, confrontée à des taux d’intérêt historiquement bas et au développement rapide des banques en ligne.

La Poste entend «accélérer le développement des activités existantes», «conquérir de nouveaux territoires» (commerce en ligne, échanges numériques sécurisés, assistance aux personnes âgées et isolées...)», et même «assurer, moderniser et compenser les missions de service public». Mais, attention: tout cela devra se faire avec «un effort global de maîtrise des coûts d’exploitation».

Tout un programme, pour la réalisation duquel la direction de La Poste compte sur la négocition d’un «pacte social» avec les organisations syndicales... Ce qui s’annonce compliqué dans la mesure où ces mêmes organisations syndicales ont, lors du conseil d’administration d’avril 2013, unanimement rejeté le «contrat d’entreprise» passé entre la direction de La Poste et l’État pour la période 2013-2017, jugeant qu’il aggravait le désengagement financier de ce dernier et mettait donc justement en péril l’avenir de La Poste.

Pour la Fédération FO Com, c’est le cœur du problème. «La Poste cherche à faire des économies sur tout parce que l’État finance de moins en moins le coût des missions de service public. Pour FO, même si le volume de courrier diminue, le service public reste un droit. L’État doit donc prendre ses responsabilités. C’est une question de volonté politique. Le gouvernement doit choisir de financer, sinon il y a un risque de faillite pour l’entreprise», explique Michel Pesnel, secrétaire fédéral FO.

Pour FO, diminution du courrier ou pas, le service public reste un droit

Mais pour l’instant, rien n’est moins sûr. Et c’est très certainement ce pour quoi la direction postale est restée «très allusive sur les choix et les transformations qui, inévitablement, vont toucher le quotidien du personnel: restructurations, mobilités, suppressions d’emplois», relevait la Fédération FO Com dès le 28 janvier, en réaction à la présentation du plan stratégique par le président Philippe Wahl. De fait, la présentation de la trajectoire financière 2014-2020 et des plans d’action a été remise au conseil d’administration du mois de juin.

Rappelant que le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a récemment prédit des «décisions fortes à La Poste», la Fédération FO Com considère qu’il «est grand temps de dire lesquelles, de dire la vérité aux postières et aux postiers». Et d’interroger: «Les échéances électorales du printemps inciteraient-elles à la prudence?»

Evelyne Salamero


FO Hebdo - Février 2014

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