La question salariale sur le devant de la scène en Allemagne

Retour à la réalité

La question salariale sur le devant de la scène en Allemagne

AfoAu prétendu pays de cocagne de l’Union européenne, la déflation menace, comme partout ailleurs.

Les salaires réels allemands ont baissé de 0,2% en 2013, entraînant une baisse de la consommation au quatrième trimestre, selon les chiffres officiels pu­bliés mi-janvier.

Et s’ils ont progressé de 0,5 % en 2012, de 1,5 % en 2011 et de 1,2% en 2010, ces hausses sont loin d’avoir compensé la modération salariale de la décennie précédente. L’année 2014 s’annonce-t-elle meilleure ? Une augmentation de 3,7% pour l’année 2014 a été concédée aux 550 000 salariés de la chimie en janvier.

Le syndicat Verdi, vient, lui, d’obtenir 3% en 2014 et 2,4% en mars 2015 pour les employés des services publics. Mais déjà en 2013, les augmentations obtenues dans certains secteurs n’ont pas suffi à empêcher la baisse moyenne des salaires réels, ont relevé plusieurs économistes. Le Conseil des ministres a certes adopté, le 2 avril, un projet de loi instaurant un salaire horaire minimal de 8,50 euros brut, mais celui-ci ne s’appliquerait ni aux jeunes de moins de 18 ans, ni aux chômeurs de longue durée pendant les six mois suivant leur embauche, ni aux stagiaires, ni aux apprentis. Les branches dans lesquelles les minima salariaux seront toujours inférieurs au montant du futur SMIC début 2015 seront... autorisées à rester en dessous du nouveau seuil légal jusqu’en 2017. Enfin, le nouveau SMIC sera d’emblée gelé à 8,50 euros jusqu’en 2018.

Depuis deux ans, outre les grèves d’avertissement de plus en plus massives au moment des négociations nationales à l’appel des traditionnels syndicats de branche de la confédération DGB, plusieurs autres grèves à l’appel de syndicats catégoriels et autonomes, comme le syndicat des conducteurs de train ou celui des hôtesses de l’air et des stewards, ont éclaté. Le 2 avril dernier, le syndicat Cockpit des pilotes de la Lufthansa a déclenché une grève de trois jours pour une hausse des salaires de 10% et le maintien de leur préretraite à 55 ans.

Le 4 avril, alors que les négociations n’avaient pas encore repris, le patron de la compagnie aérienne plaidait pour une modification du droit de grève, afin de prévoir « une obligation de maintien minimum des infrastructures de transport essentielles ». Et d’expliquer : « Plus un groupe professionnel en grève est petit, plus il doit y avoir d’obstacles à un conflit social. »

Menaces sur le droit de grève ?

Le même jour, un sondage de la chaîne de télévision ARD indiquait qu’une majorité d’Alle­mands soutenait la grève des pilotes. C’est dans ce contexte pour le moins tendu que la ministre du Travail, Andrea Nahles, a annoncé qu’elle présenterait d’ici à la fin de l’année un projet de loi sur « l’unité des accords salariaux », sur la base « d’un principe de majorité », de façon à ce qu’il ne puisse plus exister qu’un seul accord salarial par entreprise, qui couvrirait l’ensemble des catégories. Les syndicats catégoriels ne pourraient alors plus défendre une revendication tant que l’accord global serait en vigueur. Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer une remise en cause du droit de grève.

« Sur le principe, cela n’est pas bon sur la durée que des syndicats spécifiques représentent des intérêts particuliers sans égard pour le bien commun. Nous sommes pour une politique salariale solidaire [...] mais avec la condition préalable d’un respect du droit de grève », a déclaré Reiner Hoffmann, un responsable de la confédération DGB.

FO Hebdo - Avril 2014

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