LE 7 SEPTEMBRE CONFIRME, FO POUR LE RETRAIT DU PROJET DE LOI

 


Réunies comme prévu le 23 août, huit organisations syndicales, dont FO, ont réitéré leur appel à la mobilisation pour le 7 septembre. Selon un décret du président de la République, c'est bien ce jour-là que I'examen du projet de loi sur les retraites débutera à l’Assemblée nationale. Les débats ne devraient pas durer plus d'une semaine. Déjà, en plein mois de juillet, la commission des affaires sociales n'a mis que trois jours pour entériner la fin de la retraite à 60 ans, approuver le recul de l'âge légal de départ à 62 ans, et à 67 ans pour une pension sans décote. « C'est le coeur du texte, rappelait alors le ministre du Travail, Eric Woerth. Vous ne réformez pas les retraites si vous ne réformez pas les âges ».

REPOUSSER L’ÂGE DE DÉPART : « LE CŒUR DU TEXTE »
POUR ERIC WOERTH

C'est précisément la raison pour laquelle la confédération Force Ouvrière en exige le retrait. En son nom, ce lundi, Michelle Biaggi a de nouveau proposé aux autres organisations syndicales d'en faire une revendication commune. En vain.

En conséquence, FO n'a pas signé un texte qui se contente de trouver le projet gouvernemental. "inacceptable", sans en tirer les conclusions. Àl'issue de la rencontre, devant les journalistes présents, Michelle Biaggi expliquait : Nous avons discuté, nous étions d'accord sur bien des points, mais la majorité des organisations syndicales refuse de dire "retrait'.

Le 14 août, dans un entretien sur le site du Figaro, Jean-Claude Mailly s'était fait l'écho d'un fort mécontentement, dans le public et dans le privé, où les gens disent "rien ne change, la situation est toujours aussi difficile en matière d'emploi, de pouvoir d'achat", pronostiquant qu'il « s'exprimera fortement le 7 septembre ».

Mais le Secrétaire général de FO prévenait :

"Cela ne suffira pas. Il n'y a qu'une seule chose qui peut faire reculer le gouvernement, c'est une mobilisation forte, et avec des suites."

C'est en effet ce qui pourrait modifier le rapport de forces, sans quoi plus rien n'arrêtera le rouleau compresseur de la rigueur, confirmé par le chef de l’Etat à Brégançon, pas plus tard que le 20 août. Entre des prévisions de croissance de plus en plus aléatoires et ce même objectif de ramener le déficit à 3% du PIB d'ici à 2013, 1es ingrédients de la politique élyséenne ne changent pas. Comme Nicolas Sarkozy se refuse à augmenter les impôts, maintenant même le bouclier fiscal, il programme la "réduction" des dépenses publiques et sociales. Quitte à étouffer dans l'œuf toute éventualité de reprise économique.

Celle-ci ne semble d'ailleurs plus à l'ordre du jour. Il est vrai que la crise est loin d'être finie et que de nouvelles incertitudes planent au niveau international. En juillet, aux Etats-Unis, la première économie mondiale perdait 131 000 emplois, après les huit millions détruits entre 2008 et 2009; la stagnation pourrait s'y installer pour des années. En France, en 2009, ce sont 250 000 emplois qui ont disparu, sans compter tous les postes de fonctionnaires supprimés dans le cadre de la Révision générale des politiques publiques.

Terrible, mais peu surprenant dans un tel contexte, ce constat du Bureau international du travail: "Le chômage des jeunes dans le monde a atteint le plus haut niveau jamais enregistré et devrait encore augmenter en2010" . Il s'inquiète de l'apparition d'une "génération perdue".

REFORME DES RETRAITES

FO, qui revendique le retrait du projet gouvernemental sur les retraites, a souligné, lors d'un conseil supérieur de l'égalité professionnelle, réuni le 5 juillet pour rendre un avis sur deux articles du projet de loi, que le projet du gouvernement "pénalise davantage encore les femmes".

Ses principales mesures, la poursuite de l'allongement de la durée de cotisation et le report de l'âge de départ à 62 ans, ont pour conséquence de faire travailler les salariés plus longtemps.

Les femmes validant en moyenne deux fois moins de carrières ''complètes que les hommes, elles sont déjà nombreuses aujourd'hui à devoir attendre 65 ans pour pouvoir prétendre à une retraite à taux plein. Avec les nouvelles règles, elles seraient ainsi contraintes de travailler jusqu'à 67 ans.

CONTRAINTES DE TRAVAILLER JUSQU’À 67 ANS !

Pour FO, "le problème des femmes n'est pas tant un problème d'inégalité de droit à la retraite, qu'un problème d'inégalité de carrières et de salaires". Or la Confédération a pointé une régression majeure que contient le projet de loi sur les retraites en matière d'égalité salariale.

Son article 13 institue bien une sanction financière applicable aux entreprises qui ne remettraient pas chaque année un rapport de situation comparée entre hommes et femmes. Mais cette sanction ne concerne que les établissements d'au moins 300 salariés, alors même que la majorité des salariés sont employés dans des petites et moyennes entreprises.

De surcroît, la mise en place d'une sanction financière exclurait les sanctions civiles et pénales applicables à ce jour aux entreprises qui ne respectent pas la loi.

Une « immunité accordée par l’Etat aux employeurs passible de sanctions », que dénonce FO.

 

 

 

FO Hebdomadaire – Août 2010

1 vote. Moyenne 5.00 sur 5.

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster