Le gaz de schiste, un débat sous haute pression

DES RISQUES CATASTROPHIQUES POUR L’ENVIRONNEMENT ET LA SANTÉ

 
Un fermier vivant à proximité d’un forage allume un briquet devant le robinet de sa cuisine et l’eau qui s’écoule s’enflamme presque instantanément. Cette image est la plus frappante du documentaire Gasland, rediffusé cet été sur Arte.

Cette enquête très impressionnante sur les ravages écologiques et sanitaires de la fracturation hydraulique aux États-Unis montre aussi des animaux qui perdent leurs poils, des riverains malades, des nappes phréatiques polluées aux produits chimiques, aux gaz et aux métaux lourds...

Les arguments des anti-gaz de schiste sont multiples. La fracturation hydraulique nécessite l’utilisation d’énormes quantités d’eau, de 10 à 15 millions de litres par puits et par opération. Le liquide de fracturation contient aussi des centaines de produits chimiques et les industriels refusent d’en dévoiler la liste. Certains seraient hautement cancérigènes. Par ailleurs, en se fractionnant les roches-mères libèrent des métaux lourds et de la radioactivité naturelle, également polluants.

Aux États-Unis, des rivières et des nappes phréatiques sont déjà contaminées. Les pollutions peuvent se produire en cas de fuites du forage mais aussi lors de la récupération des hydrocarbures, lorsque le fluide de fracturation est régurgité et revient à la surface.

L’agence américaine de protection de l’environnement (EPA) a étudié la qualité de l’eau potable de riverains de puits de forage. Elle a relevé onze puits privés contaminés par des agents hautement cancérigènes: arsenic, cuivre, métaux lourds, 2-butoxyéthanol...

Eau potable contaminée aux États-Unis

D’autres études américaines démontrent une pollution de l’eau potable au méthane, au propane et à l’éthane à proximité des forages. Une maison aurait même explosé dans l’Ohio par accumulation de méthane.

Le gaz de schiste participe aussi au réchauffement climatique. Si cette industrie produit moins de dioxine de carbone que le charbon, 3% à 8% du gaz de schiste produit aux États-Unis s’échapperait dans l’atmosphère. Et ce dernier, essentiellement composé de méthane, a un potentiel d’effet de serre beaucoup plus élevé. Il ne reste certes qu’une dizaine d’années dans l’atmosphère contre un siècle pour le CO2, mais son impact à court terme serait dramatique pour la planète.

En Grande-Bretagne, la fracturation hydraulique a également provoqué de petits tremblements de terre. Cette technologie, interdite durant dix-huit mois, est malgré tout de nouveau autorisée outre-Manche depuis décembre 2012. Enfin, les puits défigurent le paysage. Aux États-Unis, une plate-forme occupe en moyenne une surface de 3,6 hectares sur laquelle on trouve des citernes de stockage, des tours de forage, un gazoduc pour évacuer la production...
 
 
FO Hebdo - Septembre 2013

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