LE MINISTRE DE L’ÉDUCATION RECALÉ SUR LES RYTHMES SCOLAIRES

Projet de décret

LE MINISTRE DE L’ÉDUCATION RECALÉ SUR LES RYTHMES SCOLAIRES


Vincent Peillon a fait l’unanimité contre lui en présentant son projet de décret. Pour FO, la réforme doit être abandonnée.

Le projet de réforme des rythmes scolaires n’a recueilli que cinq voix pour sur soixante-douze* au Conseil supérieur de l’éducation (CSE) du 8 janvier et... zéro, trois jours plus tard, lors du Comité technique ministériel (CTM). Pourtant, comme si tout était joué d’avance, les agences de presse avaient eu le projet de décret plusieurs jours avant les organisations syndicales, qui ne l’ont reçu que pendant la trêve des confiseurs. Or, non seulement il n’y a aucun consensus, comme l’ont prouvé les votes dans les deux instances consultatives, mais, à la veille des congés de Noël, des motions d’école se multipliaient dans les départements, à l’initiative du SNUDI FO, contre ce projet de réforme.

À Paris, le 19 décembre, un millier d’enseignants du premier degré avaient même manifesté, à l’appel de cinq syndicats, du rectorat à l’Hôtel de Ville, pour que «les obligations de service des enseignants restent sous la seule responsabilité de l’État».

Pour la Fédération FO de l’Enseignement, de la Culture et de la Formation professionnelle, «plus que jamais, le ministre doit renoncer à publier» le décret sur la réforme des rythmes scolaires et, plus largement, sa loi d’orientation pour la refondation de l’école, qu’il doit présenter au Conseil des ministres du 23 janvier. FO appelle à organiser des délégations ce jour-là auprès des représentants de l’État (inspections académiques, rectorats, préfectures) et au ministère en région parisienne, et s’est adressée à toutes les autres fédérations syndicales pour leur proposer des initiatives communes à tous les niveaux.

L’ÉCOLE SOUS LA TUTELLE DES POUVOIRS LOCAUX

Le projet de décret sur les rythmes scolaires prévoit vingt-quatre heures de cours hebdomadaires pour les élèves des écoles maternelles et élémentaires, reparties sur neuf demi-journées, avec une amplitude maximale de cinq heures trente par jour et trois heures trente par demi-journée, la pause de midi ne pouvant «être inférieure à une heure trente». Cela implique l’ajout d’une demi-journée le mercredi matin, ou le samedi matin avec dérogation.

Qui déciderait? Le projet de décret confie l’organisation de la semaine scolaire au DASEN, directeur académique des services de l’Éducation nationale. Mais celui-ci agira «sur proposition du conseil d’école, du maire ou du président de l’établissement public de coopération intercommunale intéressé».

Actuellement, l’organisation du temps scolaire pour les enseignants et les élèves est définie nationalement et le calendrier scolaire arrêté par le ministre de l’Éducation nationale. Le projet Peillon renverse ce fonctionnement, allant jusqu’à demander au DASEN de s’assurer que toute proposition d’organisation de la semaine scolaire «est cohérente avec le projet éducatif territorial élaboré conjointement par la collectivité, les services de l’État et les autres partenaires intéressés...». L’école publique et les enseignants se retrouveraient sous la tutelle des collectivités territoriales, du jamais vu dans la République.

* Cinq voix pour: ARF, ADF (Association des Régions de France, Association des départements de France) et Ligue de l’Enseignement. Vingt-trois voix contre: FO, FSU, CGT, SUD, SNALC, PEEP. Trente abstentions: CFDT, FCPE, SNPDEN, UNEF, MEDEF. Quatorze refus de vote: UNSA.


FO Hebdo - Janvier 2013

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster