Le Tour 2016 Focus étape

Samedi 9 juillet 2016

Le Tour 2016 Focus étape

TDF 2016 - Pau-Luchon, le mythe

Le tour focus etape

La première grande étape de montagne de ce Tour 2016 relie Pau à Bagnères-de-Luchon, via quatre immenses cols pyrénéens. Un classique qui a forgé la légende de la Grande Boucle au fil des ans.

Il y aura déjà eu Le Lioran, dans le Massif central, puis l’arrivée au lac de Payolle pour entamer les Pyrénées. Mais sur ce Tour 2016, la première grande étape de montagne, où les cols s’enchaînent sans répit, c’est la huitième, entre Pau et Bagnères-de-Luchon, 183 kilomètres et quatre cols majeurs : le terrifiant Tourmalet, puis la Hourquette d’Ancizan, le col de Val Louron–Azet et enfin le col de Peyresourde. Là-haut, il ne reste ensuite que quinze bornes de toboggan jusqu’à l’arrivée à Luchon.

Classique des classiques

Loin d’être inédite, cette étape est l’une des plus souvent vues sur le Tour de France. Pau et Luchon sont tout simplement les troisième et quatrième villes ayant accueilli le plus de départs et d’arrivées dans l’histoire de la Grande Boucle, derrière Paris et Bordeaux ! Pau-Luchon, comme cette année, ou Luchon-Pau, comme en 2010 par exemple, peu importe le sens, les Pyrénées se passent rarement de ce classique des classiques.

« Vous êtes des criminels ! »

C’est au fil des décennies que ce tracé mythique s’est imposé.

Luchon est attachée à jamais au Tour car elle fut ville étape dès 1910, soit la première édition traversant les Pyrénées. Cette année-là, le 21 juillet, les coureurs devaient parcourir 326 kilomètres (!) entre Luchon et Bayonne, via quatre cols appelés à avoir un grand avenir sur le Tour : Peyresourde, Aspin, Tourmalet et Aubisque. C’est là, en plein milieu de cet ultime sommet, qu’Octave Lapize, qui gagnera quelques jours plus tard le général, est descendu de sa bicyclette et a prononcé cette phrase restée dans l’histoire du Tour : « Vous êtes des criminels ! » Il s’adressait aux organisateurs de la Grande Boucle, qui allaient s’empresser de ne pas l’écouter et de reproduire pareil enfer, année après année.

Longtemps incontournable

Jusqu’à la fin des années 1920, Bayonne-Luchon est incontournable. Puis, dans les an­nées 1930, place à Pau-Lu­chon, ou Luchon-Pau.

Après-guerre : quinze fois Pau-Luchon ou l’inverse entre 1947 et 1983, excusez du peu ! À chaque fois, ces cols immenses et l’homérisme du Tour, dont les scénarios ont souvent basculé sur cette étape. Un exemple parmi d’autres : en 1972, Eddy Merckx s’y impose et s’empare du maillot jaune, qu’il ne lâchera plus jusqu’à Paris, où il remporte son quatrième Tour de rang.

Retour en grâce

Après 1983, l’étape est sortie des radars, à l’exception d’une redite en 1998. Mais après avoir testé toutes sortes de stations et de parcours dans les Pyrénées, le Tour a décidé de revenir à ce grand classique, page fondamentale de son histoire, en proposant un joli Luchon-Pau en 2010 (victoire de Pierrick Fédrigo), puis un Pau-Luchon de gala en 2012 (victoire et maillot à pois pour Thomas Voeckler). Et même les classiques se réinventent : pour cette édition 2016, Pau-Luchon intègre un versant inédit de la Hourquette d’Ancizan.

 

Ils ont remporté l’étape Pau-Luchon.
# 1930 : Alfredo Binda (ITA)
# 1931 : Antonin Magne (FRA)
# 1932 : Antonio Pesenti (ITA)
# 1938 : Félicien Vervaecke (BEL)
# 1949 : Jean Robic (FRA)
# 1954 : Gilbert Bauvin (FRA)
# 1956 : Jean-Pierre Schmitz (LUX)
# 1958 : Federico Bahamontes (ESP)
# 1960 : Kurt Gimmi (SUI)
# 1966 : Marcello Mugnaini (ITA)
# 1972 : Eddy Merckx (BEL)
# 1980 : Raymond Martin (FRA)
# 1983 : Robert Millar (GBR)
# 1998 : Rodolfo Massi (ITA)
# 2012 : Thomas Voeckler (FRA).

 

Le Tour Entretien

Dimanche 10 juillet 2016

TDF 2016 - Bryan Coquard 

« J’y crois dur comme fer »

Equipe direct energieL’équipe Direct Énergie lors du tour de Californie en mai 2016.

À 24 ans, le sprinteur de l’équipe Direct Énergie vise sans se prendre la tête un premier succès sur les routes du Tour, et, un jour, le maillot vert.

FO Hebdo : Vous appartenez à la jeune génération des sprinteurs français, avec Arnaud Démare ou Nacer Bouhanni, mais aucun de vous n’a jamais remporté d’étape du Tour. Que vous manque-t-il encore ?

Bryan Coquard : Je pense que c’est la bonne année pour nous. J’ai deux ans de moins que Nacer (né en 1990) et Arnaud (1991), mais je crois qu’on arrive à maturité. Il nous a fallu bien appréhender la nécessité d’avoir un « train » d’équipiers autour du sprinteur pour pouvoir rivaliser avec les meilleures équipes du genre, comme la Giant. Et comprendre, aussi, à quel point il fallait repérer les arrivées en amont pour les connaître par cœur avant même d’y être.

FO Hebdo :  C’est sur le Tour que les sprints sont les plus relevés. Pensez-vous avoir atteint le niveau nécessaire pour gagner ?

Bryan Coquard :Oui, en tout cas j’y crois dur comme fer ! Arnaud Démare a gagné Milan-San Remo au printemps, il a aussi gagné une étape de Paris-Nice tout comme Nacer Bouhanni. On y arrive tous petit à petit. Le Tour, c’est là que c’est le plus important de gagner, c’est clair. Je pense être prêt.


FO Hebdo : Ces deux dernières années, vous avez joué les points du maillot vert avec sérieux. Pareil cette année ?

Bryan Coquard : C’est un objectif pour moi à moyen terme. Jouer les points à chaque sprint intermédiaire et à chaque arrivée, c’est une habitude que je me force à prendre pour emmagasiner de l’expérience. Pour l’instant, il y a Peter Sagan, sans doute le coureur le plus fort au monde (et qui a remporté les quatre derniers maillots verts, ndlr). D’ailleurs il est champion du monde ! Mais ASO a quelque peu modifié le barème du classement pour privilégier les victoires, et je pense que ça peut m’être bénéfique.

FO Hebdo : À choisir, vous préféreriez gagner le maillot vert ou votre première étape sur le Tour ?

Bryan Coquard : Une étape, sans hésiter ! C’est vrai que finir sur le podium des Champs-Élysées avec le maillot vert c’est sans doute extraordinaire, mais remporter une étape du Tour, ça doit être fou ! Surtout, je pense que c’est plus plausible pour moi à court terme.

FO Hebdo : Vous participez au Tour pour la troisième fois, après 2014 et 2015. Qu’est-ce qui vous a le plus surpris jusqu’ici ?

Bryan Coquard : Le bruit ! Il y a un brouhaha non stop, du matin, devant l’hôtel, jusqu’au soir après l’arrivée. Le Tour, c’est une ville qui se déplace, et le bruit avec, on ne voit ça sur aucune autre course tout au long de la saison. Il n’y a que le soir, dans la chambre d’hôtel, que le silence revient. Ça fait du bien d’ailleurs !

FO Hebdo : Vous êtes devenu un leader très important au sein de l’équipe Direct Énergie, surtout après le départ cet hiver de Pierre Rolland. Ce rôle ne vous fait pas peur ?

Bryan Coquard : Je le réclamais, au contraire ! Je me sentais prêt à assumer ce type de responsabilité. J’avais déjà un rôle important l’an passé en tant que sprinteur n°1 de l’équipe, alors que 70 % des courses s’achèvent au sprint. Je crois que les choses arrivent au bon moment, j’endosse ce rôle alors que j’arrive à maturité physique, et j’ai répondu présent en début de saison.

FO Hebdo : On vous connaît aussi sur la piste : vous avez été médaillé d’argent sur l’omnium aux Jeux olympiques de Londres, en 2012. Pourtant, vous n’irez pas à Rio en août. Pourquoi ?

Bryan Coquard : On compte sur moi sur le Tour, et c’était impossible de faire aussi les Jeux olympiques, ou alors j’aurais fait les deux à moitié... Dans l’équipe on a aussi Thomas Boudat, qui est jeune (22 ans) et qui a déjà été champion du monde de l’omnium (en 2014), on a donc décidé que ce serait lui qui se consacrerait à la piste cette saison. Mais la piste reste très importante pour moi, j’adore ça et dans ma carrière j’aurai forcément des défis à y relever.

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