LES FONCTIONNAIRES DANS LE COLLIMATEUR

Pensions

LES FONCTIONNAIRES DANS LE COLLIMATEUR

Le rapport Moreau à peine remis au Premier ministre, le débat se focalise déjà sur les différences en matière de retraite entre salariés du public et du privé.
 

Une manière d’opposer les uns aux autres pour tenter de mieux faire passer la pilule de nouveaux sacrifices pour les salariés, qu’ils soient du public ou du privé?

La commission Moreau sur les retraites propose de rapprocher les règles du public et du privé, et plus précisément celles du calcul des pensions. Alors que la pension des fonctionnaires est calculée sur les six derniers mois de carrière, son rapport suggère de progressivement prendre en compte une période plus longue, variant de trois à dix ans*. En compensation, une partie des primes, qui peuvent représenter jusqu’à 50% de la rémunération, serait prise en compte.

POURQUOI OPPOSER LE PRIVÉ ET LE PUBLIC?

Pourquoi modifier la manière de calculer les pensions des fonctionnaires? Le taux de remplacement, c’est-à-dire le pourcentage entre le dernier salaire et la pension, est sensiblement identique dans le public et le privé. Un rapport du Conseil d’orientation des retraites avait montré que les écarts dans les montants des pensions correspondent surtout aux niveaux de revenu, et pas au fait d’appartenir au secteur privé ou public.

Un tel changement serait en outre extrêmement complexe à mettre en œuvre, car le pourcentage des primes perçues par les fonctionnaires varie d’une administration à l’autre. Les enseignants, surtout les instituteurs (maternelle et école primaire), figurent parmi les catégories qui touchent le moins de primes.

Ne serait-ce pas un premier pas vers un régime unique, qui remettrait en cause le statut de la fonction publique? Inacceptable pour Force Ouvrière, qui rappelle que la règle des six mois permet aussi de compenser des évolutions de carrières très faibles – notamment pour les fonctionnaires de la catégorie C.

Les fédérations de fonctionnaires FO, CGT, CFTC, CGC, FSU et Solidaires, déjà remontées par la politique de gel des salaires et par les suppressions d’emplois induites par la RGPP puis la MAP, ont prévenu qu’«elles n’accepteront aucun nouveau recul» en matière de retraite – qu’il s’agisse d’une modification des règles de calcul ou d’un allongement de la durée de cotisation. Les six organisations syndicales estiment au contraire «urgent de corriger les baisses de pensions et les inégalités produites par les précédentes lois». Pour faire entendre leurs revendications, elles se situent d’ores et déjà dans une «perspective de mobilisation et d’action» à la rentrée.

* Dans le privé, la pension est calculée sur la moyenne des vingt-cinq meilleures années de salaire.
 

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