LES MALADES PASSENT A LA CAISSE

Les malades passent à la caisse

En confirmant la hausse du forfait hospitalier et le déremboursement d’une centaine de médicaments, le gouvernement pénalise une nouvelle fois les assurés sociaux les plus démunis.

 

Vingt-trois milliards et demi d’euros en 2009 et trente milliards et six cents millions d’euros prévus en 2010 :

 

Malgré l’ampleur du déficit du régime général, dont les chiffres ont été communiqués par la commission des comptes de la Sécurité sociale le 1er octobre, le gouvernement a exclu toute hausse des prélèvements obligatoires, qui aurait permis d’augmenter des recettes mises à mal par la crise économique.

 

 

 

LES ENTREPRISES EXONEREES DE COTISATIONS SOCIALES

Une crise qui, selon le ministre du Budget, Eric Woerth, compte pour « environ 75% du déficit 2010 ». « Ne rien faire aujourd’hui, c’est condamner notre système de protection sociale », s’inquiète FO, qui s’étonne de la faiblesse des mesures annoncées par le gouvernement dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, au regard de la situation financière alarmante de l’institution. Côté recettes, le doublement du forfait social, instauré l’année dernière, de 2% à 4%, fera entrer dans les caisses autour de 400 millions d’euros, le doublement de la taxation des retraites chapeaux des hauts dirigeants des entreprises rapportera la somme toute symbolique de vingt-cinq millions d’euros et la fin desexonérations de prélèvements sociaux sur certains contrats d’assurance vie, quelque deux cents millions d’euros.

 

Des sommes dérisoires par rapport au montant du déficit. Estimant que la Sécu « ne peut pas éternellement vivre à crédit », FO plaide pour une augmentation des cotisations sociales et une clarification des responsabilités entre l’Etat et la Sécu. Il s’agit en premier lieu de s’attaquer à la question des exonérations de cotisations sociales patronales, qui représentent environ 30 milliards d’euros par an. « Est-il encore acceptable qu’elles soient accordées sans contrepartie aux entreprises ? », s’interroge Jean-Marc Bilquez, Secrétaire confédéral FO. La

confédération syndicale demande en outre la compensation intégrale de ces exonérations, alors que 2,7 milliards échappent chaque année à la Sécurité sociale. Mais, plutôt que  d’intervenir sur les recettes, le gouvernement a fait une nouvelle fois le choix de se concentrer sur la maîtrise des dépenses d’assurance-maladie, fixant la progression des dépenses de santé (ONDAM) à 3%, dont 2,8% pour la médecine de ville et l’hôpital, et à 5,8% pour le secteur médico-social «Les économies proposées reposent principalement sur les assurés et les allocataires», déplore F0. La hausse du forfait hospitalier de 16 à 18 euros et la baisse du taux de remboursement de 35% à 15% d’une centaine de médicaments ont ainsi été confirmées. La non moins décriée imposition des indemnités journalières d’accident du travail devrait quant à elle figurer, via un amendement parlementaire, dans le projet de loi de finances. Le gouvernement a aussi annoncé une extension du contrôle des arrêts maladie par l’employeur, avec la généralisation de la contre-visite médicale à l’initiative de l’entreprise. Une autre mesure qui stigmatise les assurés sociaux.

 

FO Hebdomadaire Octobre 2009

 

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Vous disposez d'un droit d'accès, de rectificat ion, de modification et de suppression des données qui vous concernent (Art. 34 de la loi Informatique et Liberté du 6 janvier 1978) sur l'ensemble du site. Pour l'exercer, Cliquez sur cette bannière pour contacter le webmaster