LES SYNDICALISTES SUD-CORÉENS FACE À LA RÉPRESSION

Résistance

LES SYNDICALISTES SUD-CORÉENS FACE À LA RÉPRESSION

La CSI (Confédération syndicale internationale) demande la libération immédiate de tous les travailleurs emprisonnés pour avoir participé à des grèves.
 

La liste des travailleurs et syndicalistes sud-coréens emprisonnés s’est encore allongée en ce début d’année. Quatre dirigeants du syndicat des cheminots (Korean Railway Workers Union, KRWU) sont sous les verrous depuis la mi-janvier, accusés d’avoir organisé une grève «illégale». Et des centaines de syndicalistes font face à des mesures disciplinaires pour y avoir participé.


Le mouvement, le plus long et le plus massif dans l’histoire du rail coréen, a duré du 9 au 30 décembre dernier. Pendant trois semaines, des milliers de cheminots ont cessé le travail pour s’opposer à la création d’une filiale de la société nationale de chemins de fer Korail, première étape de sa privatisation. Interdiction de la grève, menaces de sanctions, arrestations de dirigeants syndicaux, prise d’assaut et perquisition du siège de la confédération des syndicats indépendants KCTU par les forces de l’ordre le 22 décembre... La répression, qui est allée crescendo au fil du mouvement, n’a pas eu raison de la mobilisation. Au contraire. La grève générale organisée le 28 décembre en solidarité avec les cheminots, à l’appel de la KCTU, a été massivement suivie dans tout le pays et plus de cent mille personnes ont manifesté dans les rues de Séoul.

Deux jours plus tard, le gouvernement coréen a annoncé la création d’un sous-comité parlementaire «sur le développement du secteur ferroviaire», qui serait chargé d’empêcher la privatisation du secteur ferroviaire... Les cheminots ont alors arrêté leur mouvement, le syndicat appelant à la plus grande vigilance.

Mais les mandats d’arrêt contre les dirigeants syndicaux ont été maintenus et les forces de l’ordre sont violemment intervenues devant le siège de la KCTU le 13 janvier, alors même que les syndicalistes cheminots, réfugiés depuis plusieurs jours dans un temple bouddhiste du centre de la capitale, venaient d’annoncer qu’ils se rendraient le lendemain à la police.

LES SYNDICATS DES ENSEIGNANTS ET DES EMPLOYÉS DU SECTEUR PUBLIC INTERDITS

«[...]. Le gouvernement s’est lancé dans une nouvelle vague de répression intense contre les syndicats et la société civile, d’une ampleur sans précédent ces dernières années, risquant de miner la démocratie», a confirmé une mission internationale de haut niveau qui s’est rendue à Séoul du 19 au 22 janvier. Composée notamment de la CSI (Confédération syndicale internationale), de l’ITF (Fédération internationale des travailleurs du transport) et du TUAC (commission syndicale consultative auprès de l’OCDE), la délégation exhorte le gouvernement coréen à «libérer immédiatement tous les travailleurs et travailleuses détenus ou emprisonnés aujourd’hui pour avoir participé à des grèves, notamment les cinq dirigeants du Korean Workers Union que nous avons rencontrés durant leur détention dans le cadre de notre mission».

Les représentants du mouvement syndical international ont également dénoncé «le plan précis du gouvernement visant à éliminer les syndicats dans le secteur public». L’enregistrement légal du syndicat des enseignants, le KTU, a ainsi été annulé et celui du syndicat des employés du public (KGEU) une nouvelle fois rejeté. «Nous n’avons pas d’autre choix, concluent les porte-parole de la délégation, que de recourir à tous les mécanismes politiques et juridiques dont nous disposons pour garantir le plein respect des droits humains et syndicaux en Corée.»

Evelyne Salamero
 
FO Hebdo - Février 2014

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