SECURITE SOCIALE : Le gouvernement veut faire payer les malades

SECURITE SOCIALE

 

Le gouvernement veut faire payer les malades

Le prix du forfait hospitalier pourrait augmenter et certains médicaments être moins remboursés pour compenser une partie du déficit de l’assurance-maladie.

 

 

 

Ce ne serait qu’une piste de réflexion parmi d’autres. Mais le gouvernement a presque officiellement annoncé, le 6 septembre, une hausse de 25% du forfait hospitalier. Du jamais vu. Ce forfait, actuellement de 16 euros, est la part qui reste à la charge des malades ou de leur mutuelle pour chaque journée d’hospitalisation. Il pourrait passer à 20 euros pour compenser le déficit de l’assurance-maladie. L’annonce a provoqué un tel tollé parmi les syndicats et les associations que le gouvernement a préféré faire machine arrière. Depuis, les ministres du Travail, du Budget et de l’Economie multiplient les déclarations contradictoires.

 

Une chose est sûre, le gouvernement cherche à compenser le déficit de la Sécurité sociale, estimé à 9 milliards d’euros à la fin de l’année. Il sera de 20 milliards en tenant compte de l’ensemble des branches : la famille, la retraite, la maladie et les accidents du travail.

 

Plusieurs mesures sont envisagées pour établir un plan d’économies de 2 milliards d’euros. Outre la hausse du forfait hospitalier, le gouvernement envisage de baisser de 35% à 15% le taux de remboursement de certains médicaments délivrés sur ordonnance ou en vente libre, comme l’aspirine ou le paracétamol.  La question sera arrêtée dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, qui sera discuté à l’automne au Parlement.

 

Force Ouvrière s’oppose fermement à toute hausse des charges pour les malades « Ce n’est pas une mesure de solidarité, soit les gens vont payer davantage, soit leur mutuelle va augmenter sa cotisation pour compenser », dénonce Jean-Marc Bilquez, Secrétaire confédéral Force Ouvrière chargé de la protection sociale. « Ces mesures ne permettront pas de faire face déficit de la Sécurité sociale. Ce dernier n’est pas lié à un déficit de recettes ou à un dérapage des dépenses, mais à un manque de revenus en lien avec la crise. »

 

//  8% DES FRANÇAIS N’ONT PAS DE MUTUELLE

 

Dans un communiqué, Force Ouvrière rappelle que « l’Etat ne compense pas intégralement les exonérations de cotisations sociales, ce qui coûte 2 milliards d’euros chaque année à la sécurité sociale ».

 

Le Secrétaire confédéral conteste également le principe de la baisse du remboursement. « Si un médicament soigne, il doit être remboursé, sinon il n’a pas à être sur le marché », estime-t-il. La mesure tombe d’autant plus mal que les médecins affirment que le Doliprane permet de soigner la grippe A.

 

Pour se justifier, le gouvernement argue que le forfait n’a pas augmenté depuis trois ans et que plusieurs catégories de personnes en sont exonérées, notamment les bénéficiaires de la couverture maladie universelle, certaines femmes enceintes et les victimes d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Mais progressivement, il transfère les charges de santé vers les mutuelles. Non seulement 8% des Français n’ont pas d’assurance complémentaire, mais toutes n’offrent pas une couverture totale des dépenses.

Force Ouvrière hebdomadaire - septembre 2009

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